Jardins monastiques

Dans toutes les abbayes cisterciennes, les jardins tiennent une place importante. Ils constituent à fois le lieu où pousse ce qui pend soin des corps (légumes, fruits, plantes médicinales) et le lieu d’épanouissement de l’âme (contemplation du ciel, méditation, recherche spirituelle). Les jardins monastiques médiévaux sont des jardins d’intériorité, des espaces idéalisés, réalisés pour ouvrir sur le monde invisible et devenir source d’inspiration spirituelle.  

Créés par l’Armée du Salut en 2001 avec le conseil de moines cisterciens, ces jardins ont servi de chantiers de réinsertion pour les personnes en difficulté dont elle avait la charge.

Les jardins monastiques de l’abbaye Notre-Dame de Fontaine-Guérard sont au nombre de trois, nombre symbolisant la trinité:

le jardin des simples, le jardin des éléments, le jardin de méditation.

Le jardin des simples.

Appelé aussi herbularium, ce jardin est situé près de l’infirmerie (aujourd’hui disparue). Les moniales ont une connaissance empirique mais précise des vertus thérapeutiques des plantes. Les plantes médicinales sont elles aussi porteuses d’un message divin. C’est la théorie des signatures : Dieu a donné aux plantes des caractéristiques qui permettent à l’homme de savoir ce qu’elles peuvent soigner : par exemple la chélidoine a un suc jaune qui rappelle la bile et soigne donc les maladies du foie, la pulmonaire a de petites taches blanches qui rapellent les alvéoles pulmonaires et orientent vers cet organe ou encore le chardon qui est piquant soulage toute sorte de picotements…

Celui de Fontaine-Guérard, de forme carrée, est découpé en 9 massifs carrés par des allées. Afin d’obtenir une meilleure qualité de vie des plantes, ces massifs de dimensions 3 toises par 3 (5,84m) sont découpés en damiers de 6 cases par 6, une case de terre pour l’humidité, en alternance avec une case de pierre pour la chaleur. Les cases de pierre jouent aussi le rôle d’accès plus aisé pour la personne chargée de s’occuper des plantes. Dans chaque case de terre se trouve une plante médicinale différente, soit 144 au total.

Le jardin des éléments.

Le jardin des éléments lie les deux jardins extrêmes par carrés (2x2) reprenant chacun comme thème un élément de la Vie: l’Eau, l’Air, la Terre, le Feu. Ces quatre carrés cernés de hautes haies et séparés par deux allées en croix sont à la fois différents et identiques. Ils ont en commun leur dimension, leur clôture, leur allée d’accès (représentant les quatre fleuves du paradis s’écoulant dans les quatre axes du monde). La végétation qui y est installée doit servir par son apparence l’élément qu’elle symbolise: plantes basses et alimentaires pour la terre, plantes aquatiques et verdoyantes pour l’eau, plantes légères souples et hautes pour l’air, et plantes et fleurs vives et rouges pour le feu.

Le jardin de méditation.

Situé à la limite orientale, le jardin de Méditation reflète l’harmonie de la Création et préfigure le paradis auquel la moniale est promise. La méditation étant une approche personnelle et intimiste, ce jardin s’apparente à un cloître de verdure. Totalement clos, il unit calme et verdure par une haie extérieure venant non seulement renforcer le côté intimiste de la méditation, mais aussi éviter de perturber le regard de la personne en méditation. La pureté cistercienne étant de rigueur afin de ne pas détourner l’esprit lors de la méditation, le centre du cloître est travaillé d’une manière minimaliste.